Bien que le réchauffement climatique préoccupe la communauté internationale depuis la seconde moitié du 20e siècle, sa présence dans les débats politiques  et la vie quotidienne a considérablement augmenté ces dernières années. Alors que la Conférence des Nations Unies sur le Climat, la COP25, s’ouvre cette semaine à Madrid, MySezame vous propose un retour chronologique sur plus de 30 ans d’initiatives et conférences pour protéger la planète.

Le changement climatique, un phénomène nouveau ?

Le changement climatique fait référence aux transformations des statistiques météorologiques au fil du temps et est un processus historique plutôt qu’un phénomène nouveau. Néanmoins, les changements actuels sont sans précédents en ce qu’ils résultent directement de la modernisation de l’être humain et de ses activités post-industrielles.

Les dates clés

  • 1987 : l’origine du développement durable

Le Rapport Brundtland est le nom donné au rapport intitulé « Our Common Future » rédigé par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU. Utilisé pour la première fois, le développement durable y est défini comme « un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

  • 1992 : coup d’envoi d’un programme ambitieux à Rio

Le premier « Sommet de la Terre » à Rio marque une réelle prise de conscience internationale des enjeux liés au réchauffement climatique. Le sommet se conclut par la signature de la Déclaration de Rio, établissant une série de principes pour une gestion écologiquement rationnelle de l’environnement. Si cette déclaration est la première véritable étape pour lutter contre le changement climatique, elle reconnait néanmoins la souveraineté des Etats quant à l’exploitation de leurs ressources, et n’impose donc pas de contrainte réelle.

  • 2005 : les mauvais élèves absents du protocole de Kyoto

En février 2005 entre en vigueur le protocole de Kyoto, un traité dans lequel 37 pays industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre d’au moins 5% entre 2008 et 2012. Cependant, l’absence de grands pollueurs comme les Etats-Unis, la Chine et l’Inde atténue les efforts collectifs.

  • 2009 : un bilan décevant à Copenhague

La COP15 de Copenhague a pour ambition de renégocier un accord international sur le climat, qui parvienne à rassembler autour de la table les pays industrialisés comme ceux en développement. S’il affirme la necessité de limiter le réchauffement climatique à 2°C, l’accord n’affiche aucun engagement chiffré, loin d’être à la hauteur des attentes soulevées. Il permet tout de même d’encourager la coopération entre le Nord et le Sud, notamment via la création du Fonds vert pour le climat. L’objectif initial prévoit la mobilisation de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 de la part des pays développés pour aider les pays en développement à faire face aux effets du réchauffement climatique.

  • 2015 : la victoire du multilatéralisme

En décembre 2015 est adopté l’Accord de Paris, un traité universel qui engage pour la première fois tous les pays, et qui fixe un plafond de 1,5°C à 2°C supplémentaires par rapport à l’ère pré-industrielle. Pour parvenir à cet accord historique, il a fallu une mobilisation considérable en amont, rendue possible par un fort engagement de l’Union Européenne et par un accord décisif entre les Etats-Unis et la Chine, en amont de la COP21.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Quatre ans après, nous sommes loins des objectifs fixés lors de l’Accord de Paris. Malgré un engagement à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, les 196 pays signataires s’orientent vers une trajectoire de réchauffement de 3,2°C.

Après une année 2019 marquée par une série inédite de mobilisations citoyennes pour le climat et des phénomènes naturels toujours plus nombreux et violents dans le monde entier, l’enjeu de cette COP25 est de taille. Le Secrétaire Général de l’ONU appelle aujourd’hui à la fin de la « guerre contre la nature ».

Les signataires de l’Accord de Paris devront donc revoir leurs ambitions à la hausse, autour de trois défis majeurs :

  1. Soutenir les populations affectées de manière irréversible par le dérèglement climatique
  2. Définir les règles d’un encadrement plus strict concernant les marchés carbone
  3. Augmenter les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effets de serre en 2020

Quelles que soient les conclusions de la COP25 le 13 décembre prochain, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, ainsi que l’identification juste des acteurs qui devront en supporter les coûts, continueront de constituer un défi fondamental des politiques environnementales mondiales à venir.

En parallèle des COP, les ODD pour un monde plus durable

Face à des enjeux environnementaux toujours plus complexes et des inégalités sociales grandissantes, l’ONU a également présenté en 2015 les Objectifs de Développement Durable. Ces derniers définissent 17 priorités pour un développement économique socialement équitable et respectueux de l’environnement. Ils prennent la suite des Objectifs du Millénaire pour le développement, 8 objectifs couvrant les principaux enjeux humanitaires pour le début du 21e siècle, mais qui concernaient principalement les pays en développement. Les ODD concernent donc tous les acteurs : non seulement les Etats mais aussi les entreprises et les citoyens, partant du principe que chacun a un rôle à jouer pour assurer la réussite de ces objectifs d’ici 2030.

Une transformation collective indispensable

Selon une étude de Carbone 4, l’investissement massif des pouvoir publics et des entreprises est en effet indispensable et urgent pour un changement systémique. L’action des individus pourrait permettre de réd